Rappel des épisodes précédents :

Le 22 avril

J'ai fait mon choix en conscience, j'ai voté Bayrou, le seul (et je continue à le penser) capable de faire travailler des gens différents entre eux, sans le mettre en avant (et en prenant les décisions en solo par derrière), celui en accord avec mes idées politiques, économiques et sociales (en très résumé, ouverture, humanisme, liberté), et le seul envers qui j'ai une sympathie sur le plan humain.

Raté, malgré son score, il n'est pas présent au second tour, et je vous dis pas ma tête lors du dépouillement dans mon bureau, marqué très nettement à gauche. J'étais triste, amer, désemparé, bref déçu.

Le 6 mai, le premier dilemne : Quoi voter ?

Le choix, forcément plus limité : Sarkozy le favori, en qui je n'ai qu'une confiance plus que limitée, Ségolène le challenger, qui m'horripile au plus au point (me demander pas pourquoi, c'est elle, pas ses idées, que j'ai au demeurant jamais pu entendre tellement je décroche vite de ses discours ou interviews).

Pour ces deux là, avant le premier tour ils ont tiré à vue sur les centristes[1], puis bizarrement les centristes ils deviennent tout-beaux-tout-gentils-viendez-votez-pour-nous.

Très peu pour moi, le racolage et la mauvaise foi étaient tellement visibles que j'en étais ulcéré. Ce n'est pas ainsi, en faisant de la politique purement politicienne, que l'on pourra faire croire en la force de la démocratie, au contraire on ne fera qu'éloigner un peu plus les électeurs des bureaux de vote.

J'ai donc hésité. Dois-je aller voter, voter blanc ou voter (mais à contre-coeur) Ségolène[2] Finalement, après une longue réflexion, j'ai choisi : je suis allé voté (c'est un devoir civique) mais j'ai voté blanc, ou plutôt j'ai mis un bulletin Bayrou dans l'urne[3]

Le positionnement de Bayrou m'a conforté dans ma décision du premier tour, pas d'appel à voter (appel que je n'aurais de toutes façons pas suivi, tout au plus elle m'aurait fait réfléchir), juste une petite remarque personnelle, il ne voterait pas Sarkozy, mais il n'a pas dit s'il a voté Ségolène. Je me plais à penser qu'il a voté blanc.

Dans la foulée, j'ai fait quelque chose que je ne pensais pas possible (pour moi), j'ai adhéré au nouveau Mouvement Démocrate. Ca fait vraiment bizarre ...

Ce 10 juin

C'était le premier tour des législatives. Bon, je me faisais pas beaucoup d'illusions, le mode de scrutin, le découpage électoral, la victoire de notre Président[4], tout ceci fait que maintenir des députés UDF-MoDem était difficile. Mais à ce point, je m'en doutais pas. Je suis extrêment déçu, et je me pose des questions. Faut-il que je m'engage vraiment dans ce mouvement ou que je reste un simple adhérent ? Faut-il faire bouger les choses ? Faut-il laisser tomber la France, aller voir ailleurs, descendre du train avant qu'il se prenne le murs des réalites en pleine figure ? Faut-il continuer à voter, croire en cette démocratie, ou la regarder en simple spectateur extérieur ?

Je n'ai pas encore la réponse, et mon planning professionnel et personnel est vraiment bouché, je n'ai que peu de temps à consacrer à ces questions.

Le 17 juin ou le fameux dilemme

A ce stade, mon choix est limité.

  • Voter pour le candidat UMP ? Non. Ce parti a déjà une majorité absolue assurée, et voter pour un parti qui n'est pas du tout en accord avec mes idées n'est pas ma tasse de thé. Par ailleurs j'essaye de garder en mémoire la législature actuelle (elle a encore officiellement quelques jours devant elle), avec le CPE, l'amendement sur l'enseignement de l'influence positive de la colonisation, les effets d'annonces, la crise des banlieues, DADVSI, le déficit qui continue à se creuser, pour ne citer que quelques exemples marquants de ces 5 dernières années. Et le programme annoncé n'est pas très reluisant.
  • Voter pour la candidate PS ? Cela permettrait (peut-être) d'équilibrer un peu cette assemblée, mais même remarque que pour l'UMP pour les idées, sans compter qu'ils n'ont été une opposition très brillante ces 5 dernières années. J'ai aussi les 35 heures en travers de la gorge, de même que les emplois-jeunes et autres joyeusetés.
  • Re-voter MoDem ? c'est peut-être aller un peu loin, surtout que le candidat m'est, il faut bien l'admettre, assez inconnu.
  • Voter blanc ? C'est ne pas exprimer d'avis, ou plutôt exprimer l'avis qu'aucun des choix proposés ne me sied, mais cet avis ne sera pas pris en compte. Si le vote blanc était effectivement reconnu, je n'hésiterais pas une seule seconde. Mais là, il n'y a aucun intérêt à le faire.
  • Enfin, ne pas voter ? Après tout, ça me permettra de roupiller un peu plus longtemps, glander un dimanche n'est pas du luxe pour moi en ce moment. Mais je répugne à le faire, je suis encore imbibé de culture républicaine, où le droit de vote a été acquis dans le sang, même si ce droit est imparfait, où ce devoir civique est une légère contrepartie aux droits fondamentaux.
Et maintenant ?

Voilà l'état de mes réflexions. Je ne sais vraiment que faire, quoique pour l'instant je m'oriente plus vers un vote blanc[5] Mais le vote PS pour "rééquilibrer" cette écrasante majorité annoncée me titille également.

Vivement que cette période électorale s'achève, je commence à saturer.

Notes

[1] Pour le PS, les centristes sont de droite, et la droite c'est mal (tm), pour l'UMP, les centristes sont des traîtres de droite qui finiront par revenir au bercail. A noter que cette dernière prévision fut juste, du moins concernant les députés du Nouveau Centre

[2] A choisir entre les deux, autant prendre le moins pire.

[3] Celui de la propagande officielle. Au passage, dans mon bureau, 2 autres personnes ont eu ce même geste, et vu que j'ai effectivement dépouillé, j'ai tenu mon bulletin dans les mains :)

[4] Va falloir que je m'y fasse à ça

[5] Sous quelle forme ? Préparer un bulletin vierge au format règlementaire, ou mettre les deux bulletins autorisés ? Là aussi, je m'interroge.